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A propos
Les esprits animaux
Animal SpiritsEn ces temps de crise, il serait bon de "réexaminer" l'orthodoxie économique. C'est ce que nous proposent l'ancien prix Nobel d'économie George Akerlof et son confrère Robert Shiller dans leur ouvrage intitulé "Animal Spirits", un titre évocateur qui en résume assez bien l'idée fondamentale: loin du concept d'homo oeconomicus rationnel et omniscient, la plupart des décisions humaines sont dictées par nos « esprits animaux » irrationnels.

A la manière de Keynes, les deux auteurs explorent les "intersections" entre la psychologie et l'économie offrant une vision originale mais pertinente de différents aspects de la théorie économique.

La première partie du livre classe les "esprits animaux" en 5 catégories ; à savoir la confiance, la corruption, l'illusion monétaire, les histoires (culture) et l'équité.

La seconde partie de l'ouvrage répond à des questions essentielles qui font appel aux "esprits animaux" et qui laissent souvent perplexes les économistes orthodoxes: pourquoi le chômage persiste-t-il ? pourquoi la pauvreté affecte spécialement les minorités ? pourquoi les prix des actifs financiers sont-ils si volatils ? ...

En intégrant les concepts de l'économie comportementale dans un cadre d'analyse keynésien, cet ouvrage offre une perspective prometteuse, susceptible de donner une nouvelle dimension à la macroéconomie.

 
Le commerce équitable dans l'air du temps...

Platon et AristoteLa pratique du commerce équitable semble hériter de deux courants de pensée. Par son aspect « juste » et « éthique », le commerce équitable nous ramène à des temps lointains... Troisième siècle avant JC, en Macédoine. En ces temps, Aristote semble concevoir "une nouvelle version du lien social", "celui qui se forme dans l'interdépendance des besoins et qui ne devient proprement politique qu'à le soumettre à la norme du juste". Ainsi Aristote pense que le commerce ne peut être acceptable que s'il vise à procurer, à la famille et à la communauté en général, les richesses nécessaires et suffisantes à la vie ("la limite de l'indépendance économique").Dans ce contexte, il pense que la fixation d'un "prix juste" relève de l'égalité entre citoyens et entre hommes et que sans cette équité, le commerce ne peut être conçu comme une activité sociale, voire naturelle.

A ce stade, il définit la notion de  "libéralité" par la générosité de celui qui "rend service à autrui" (éthique à Nicomaque). Aristote pense que cette notion est primordiale pour fixer un prix juste et équitable ; dans la mesure où la libéralité rejette la recherche exclusive d'enrichissement personnel, il est là question d'un désintéressement mesuré, d'une "disposition qui consiste à donner selon ses moyens". Ainsi, celui qui n'est pas mû par le seul intérêt personnel, est capable de fixer un "prix juste " et de réaliser un échange équitable où chacune des deux parties est gagnante.

D'autre part, à travers le dénigrement de certaines règles régissant le libre échange, le commerce équitable puise ses racines dans les doctrines de l'économie solidaire qui a inspiré à la fin du 18ème siècle et au début du 19ème siècle, les socialistes utopistes tels que Owen et Blanc ; ainsi que les partisans du christianisme social tel que Melun.

Ces derniers espèrent corriger les défaillances de l'économie libérale - qui ne répond pas efficacement aux besoins de tous -, par l'instauration "d'un monde plus juste" et par l'émergence d'une "contre-société " socialiste, humaniste et altruiste, au sein même du système capitaliste qu'elle supplanterait.C'est alors que "Les Équitables Pionniers de Rochdale" créent la première coopérative en 1844. Ce second héritage inspire non seulement les idéaux éthiques et humanistes représentant l'essence de la pratique du commerce équitable, mais il représente aussi les premières initiatives à l'origine du commerce équitable tel que nous le connaissons aujourd'hui.Les équitable pionniers de Rochdale

Que ce soit dans la pensée d'Aristote ou dans les idéaux socialistes du 18ème siècle, nous retrouvons les mêmes valeurs fondatrices qui semblent justifier l'existence du commerce équitable ; à savoir la générosité, l'humanisme, le don, la justice et l'acceptation du droit à la dignité à tout un chacun.

Pour en savoir plus:

P. Cary (2005), Le commerce équitable : Quelles théories, pour quelles pratiques?

S. Latouche (2000), De l'éthique sur l'étiquette au juste prix, Aristote, les SEL et le commerce équitable

 
Les X-Men au royaume de Solowie: croissance et capital humain

X-menL'idée de mutation tel que conçue par Marvel est susceptible de représenter un concept intéressant du point de vue économique. Les X-Men sont une "race" aux capacités extraordinaires, de ce point de vue ils peuvent être considérés comme des travailleurs "hyper-qualifiés". Prenez Storm, par exemple, elle pourrait irriguer des centaines d'hectares de terre en un temps record, imaginez les retombées sur l'économie... Imaginez ce que Magneto pourrait faire sur les chantiers de construction...Grâce aux "super-pouvoirs" des X-Men, les coûts du capital et du travail chuteraient d'une manière dramatique.

Il est donc certain que nos super héros auraient des effets considérables sur la productivité, mais qu'en est il concernant l'activité économique sur le long terme ?

"Sur le long terme, nous sommes tous morts", disait l'illustre Keynes . La mort des mutants aurait pour effet une contraction de l'activité et un retour en arrière. Dans ce cas, les X-Men ne seraient pas si différents d'une machine qui céderait au terme de son cycle de vie.

L'un des résultats élémentaires du modèle de Solow est qu'il ne peut y avoir de croissance soutenable sans un développement du savoir et de la technologie, processus auquel les X-Men ne peuvent malheureusement pas contribuer. Sans progrès technologique l'économie se retrouverait inéluctablement dans un état stationnaire sans possibilités de développement.

Loin du monde de Marvel, les mutants évoluant en microcosme s'engagent dans une sempiternelle lutte qui oppose le bien et le mal; le principal enjeu de l'économie est d'améliorer durablement les conditions de vie des populations, ce qui introduit l'idée du capital humain aux cotés du capital physique. D'une manière triviale, le capital humain peut être défini comme tout savoir faire pouvant être mis en oeuvre pour augmenter les capacités productives, il est constitué de compétences qui sont transférables, ou non transférables. Cette notion de transfert renvoie au développement par l'accumulation du capital humain, notamment à travers la diffusion des connaissances (économie du savoir). Il est donc impératif de multiplier les incitations en faveur de l'apprentissage et de la recherche pour prétendre à une croissance saine et durable.

 
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